Les enclos sont situés dans les zones les plus ensoleillées et les plus abritées du vent. Ils sont délimités par un grillage et comprennent tous les aménagements nécessaires au bien être des tortues.

 

La clôture : Elle est construite à l’aide d’un grillage robuste galvanisé de 50 cm de hauteur, recourbé vers l’intérieur dans sa partie supérieure sur 15 cm et enfoui à 25 cm dans le sol. Par mesure de précaution, des couloirs sanitaires sont installés entre chaque enclos. En effet, les tortues peuvent se transmettre certaines maladies (rhinite contagieuse par exemple) par contact à travers le grillage. Ce cas est fréquent lorsque différents enclos sont séparés par le même grillage.

 

Un point d’eau : Un bassin de faible profondeur fait office de point d’eau et permet aux tortues de s’abreuver lorsqu’elles en ressentent le besoin. Le bassin est profond d’une cinquantaine de centimètres et rempli de terre aux deux tiers de manière à laisser au centre une profondeur d’eau libre comprise entre 5 et 10 centimètres. Sur les bords immédiats du bassin, les plantations et semis favorisent le développement d’une végétation touffue : plantain d’eau, bouton d’or des marais, prêle, renoncule d’eau, sagittaire, trèfles, pissenlits et cresson. Les plantes couvrent l’ensemble du bassin créant ainsi un milieu humide à végétation particulièrement dense où les tortues viennent se cacher, s’alimenter d’herbes fraîches et s’hydrater sans pour autant risquer de se noyer. Les pentes du point d’eau doivent être aménagées de manière à favoriser la sortie des animaux et d’éviter ainsi tout risque de noyade.

 

Le talus : Les tortues apprécient particulièrement les milieux aux reliefs accidentés, il est donc important d’assurer l’alternance de terrain plat et escarpé. Une butte de terre, haute d’un mètre au minimum et possédant des pentes douces sera aménagée. Quelques pieds de lavande, de romarin, de thym, de bruyère, de ciste, de genévrier ainsi que d’arbousier sont également plantées. Les tortues y trouvent une aire de repos adéquate favorisant leur thermorégulation ainsi qu’une zone de ponte idéale. Généralement, les femelles pondent à la base de ces essences méditerranéennes ou à découvert sur le talus. Elles choisissent de préférence un terrain légèrement incliné qui facilite les diverses opérations de creusement du nid. La mise en place d’un aménagement de ce type est d’une aide précieuse pour assurer la gestion des reproductions.


Les abris :  Les abris sont des relais entre les phases d’activité et de repos des tortues. Pour le confort des animaux, il s’avère primordial de construire des cachettes dans l’enclos. Il faut distinguer trois types d’abris : la cabane, les cachettes utilisées par les tortues en période d’activité ainsi qu’une petite serre de jardin.

 

La cabane : Elle est utilisée par les tortues aussi bien en période d’activité (mars-octobre) que pendant l’hiver (novembre-mars). Disposée dans un coin ensoleillé de l’enclos extérieur, elle sert à la fois d’abri estival et de site d’hibernation. Elle est construite de préférence en dur à l’aide de parpaings. Les dimensions de la cabane tiennent compte du nombre de tortues hébergées. Le toit couvert de tuiles est incliné de façon à évacuer rapidement l’eau de pluie. Les murs de la cabane sont bâtis sur une dalle en béton. Cette dernière permet de repousser les visites intempestives des rats, souris grises ou mulots. Les rongeurs dévorent aussi bien les adultes que les jeunes tortues ou leur infligent de graves blessures notamment au niveau des pattes. Ces intrusions se passent généralement durant l’hiver lorsque les tortues sont en hibernation et que leur faculté de réaction est quasi-nulle. Pendant l’hiver, l’entrée de la cabane est fermée  par une porte en bois. Précisons que l’abri est placé dans un endroit protégé du vent. L’entrée de la cabane doit recevoir les premiers rayons matinaux du soleil. Ainsi, les tortues entrent en activité plus rapidement. À l’intérieur de l’abri, la présence d’une couche de quinze centimètres au moins d’une terre meuble (pas de sable qui est trop compact) et légèrement humide permet aux tortues de s’enfouir sans difficulté. Une abondante quantité de foin, d’herbes et de feuilles sèches (non poussiéreuses) recouvre la couche de terre de façon à combler tout l’espace intérieur vide de la cabane.  

 

 

Plan et photo d’un abri type

 

 

Les cachettes : Pendant l’été, les tortues aiment se cacher sous un tas de feuilles, d’herbes mortes, sous une souche ou un monceau de bois mort. Dans l’enclos, des cachettes sont installées pour satisfaire pleinement le tempérament discret des animaux. Les tuiles ainsi que les écorces d’arbre (écorces de chêne liège par exemple) sont très pratiques pour les jeunes tortues. Selon le même principe, la moitié d’une buse en béton armé (utilisée lors des comblements de fossés) recouverte complètement de terre est intégrée dans le talus même. De façon à récupérer facilement une tortue en cas de besoin, la profondeur des buses ne sera pas supérieure à la longueur d’un bras humain. Du foin ou tout autre élément végétal sec non poussiéreux sera disposé à l’intérieur de celles-ci.


Les serres : Les petites serres de jardin se révèlent indispensables à certaines espèces délicates (Testudo horsfieldii, Testudo graeca, Testudo marginata). Ces trois espèces sont caractérisées  par une forte tendance à développer des rhinites qui se déclarent principalement durant les intersaisons. Afin d’assurer le maintien dans de bonnes conditions l’installations de mini serres communiquant avec les abris permets aux animaux de profiter d’une atmosphère plus sèche et de température plus favorable à leur physiologie. La serre de jardin, utilisée normalement pour les cultures maraîchères, est un abri intéressant pour les espèces sensibles. Leurs dimensions varient en fonction du modèle choisi. Celles utilisées pour le refuge mesurent deux mètres de long, un mètre de large et 60 centimètres de hauteur. L’ossature est en acier galvanisé. Les parois et la toiture sont en polycarbonate alvéolaire translucide (épaisseur 8 mm). Ces infrastructures démontables ne comportent aucune installation électrique. Elles sont parfaitement autonomes. Cependant quelques aménagements sont nécessaires : La première étape consiste à couler une fondation en béton dont la superficie est égale à celle de la serre. Cette précaution empêche les rongeurs de pénétrer dans la serre est ainsi de nuire aux animaux notamment pendant l’hiver. La serre est fixée sur le socle en béton. L’intérieur est recouvert d’un substrat composé de terre meuble. Une entrée est faite sur le côté de la serre et permet aux animaux d’aller et venir à leur guise.

 

L'aménagement intérieur de la serre est divisée en deux parties : la première est réservée à l’activité des tortues tandis que la seconde est liée au repos. Cette dernière comprend une cabane en bois ouverte sur un côté et garnie d’herbe tondue, de foin et de feuilles mortes. Les tortues ont tout le loisir d’entrer et de sortir de la cabane en bois pour occuper la partie consacrée à l’activité. Ainsi, les animaux sont actifs même pendant les journées fraîches tout en demeurant à l’abri des courant d’air. Au printemps et en automne, il est possible de nourrir les tortues à l'intérieur de la serre. En été, même pendant les fortes chaleurs les tortues trouvent refuge dans la serre en se mettant sous le substrat végétal sec. Ce dernier constitue un excellent isolant thermique. Pendant l’hibernation, la serre est remplie entièrement de foin dès que les tortues s’y sont enterrées. Vers la fin du mois de mars, une partie du foin est retiré lorsque les températures le permettent. Ainsi, les tortues se réveillent progressivement grâce à l’augmentation de la température. Une serre bien aménagée permet la maintenance dans des conditions idéales surtout pour les tortues jugées délicates.


Les arbres : La présence d’une zone arborée composée d’arbres fruitiers offre aux tortues deux avantages non négligeables : la possibilité de bénéficier de zones ombragées ainsi que d’un apport de nourriture (cerises, prunes, figues ou abricots). La plantation d’une haie champêtre sur un ou plusieurs côtés de l’enclos offre des lieux supplémentaires de repos.

 

L’aire d’alimentation : Dans la nature, les tortues terrestres méditerranéennes possèdent un régime alimentaire basé sur la consommation quotidienne d’une grande quantité de végétaux divers. L’enclos dispose d’un espace dans lequel elles trouvent toutes les plantes qui couvrent leurs besoins nutritionnels. Pour obtenir une végétation luxuriante, le terrain est arrosé et tondu régulièrement.

 

Les tas de végétaux : Des amoncellements volumineux de végétaux (foin usé, herbe tondue, feuilles sèches) permettent aux tortues de passer à l’abri les nuits fraîches printanières ainsi que les journées chaudes de l’été.

 


Plan type d’un enclos pour tortues terrestres méditerranéennes

 

  

 

 

 

Les bassins sont réalisés à l’aide d’une bâche qui est dans certains cas couvertes de béton  (pour les espèces possédant de fortes griffes ; Macrochelys temminckii, Chelydra serpentina). Chaque bassin comporte nécessairement des pentes faibles recouvertes de galets et de sable. Le fond du bassin est tapissé d’une couche de sable de rivière. Le principe du bassin est de reconstituer le plus fidèlement possible l’habitat d’origine des tortues aquatiques.

 

L’aménagement du bassin comprend six entités qu’il convient de distinguer :

 

La clôture : Elle est construite à l’aide d’un grillage robuste galvanisé de 50 cm de hauteur, recourbé vers l’intérieur dans sa partie supérieure sur 15 cm et enfoui à 25 cm dans le sol. Par mesure de précaution, des couloirs sanitaires sont installés entre chaque enclos. En effet, les tortues peuvent se transmettre certaines maladies (rhinite contagieuse par exemple) par contact à travers le grillage. Ce cas est fréquent lorsque différents enclos sont séparés par le même grillage.

 

La partie terrestre : Bien que les tortues d’eau passent le plus clair de leur temps dans la partie aquatique du bassin, la zone terrestre n’en demeure pas moins importante. Les animaux effectuent temporairement des séjours au sec (insolation et estivation). La partie terrestre est suffisamment spacieuse de manière à offrir aux tortues une pléiade de possibilité quant au choix des sites de repos et d’hibernation.

 

Les abris : En fonction des espèces, des individualités et de la saison, les tortues observent régulièrement des temps de repos en zone terrestre. Cette dernière comprend des endroits adaptés favorisant ainsi le bon déroulement de ces phases de repos. L’abri se présente sous la forme d’une petite cabane bâtie en dur. Il est placé dans un endroit protégé du vent.

 

Le site de ponte : La femelle recherche naturellement un lieu de ponte légèrement surélevé par rapport au milieu aquatique. Ceci afin de protéger ses œufs d’une quelconque inondation. L’installation d’un talus est un aménagement judicieux et naturel qui facilite la localisation des pontes. Il permet également d’assurer une bonne gestion de la reproduction.

 

La partie aquatique : Toute pièce d’eau comporte une zone d’eau libre où les tortues peuvent nager avec aisance. La profondeur d’eau est de 1,20 m à 1,50 m en fonction des espèces maintenues. Pour plus de confort, le fond du bassin est tapissé d’une couche de sable de rivière.

 

La zone à végétation aquatique : Cette partie qui occupe au minimum un tiers de la superficie totale du bassin assure une bonne maintenance des animaux. Outre son importance directe dans l’équilibre biologique du bassin, le rôle des plantes aquatiques est primordial à plus d’un titre : elles privilégient l’intimité des animaux et constituent un lieu d’hibernation par excellence. Les animaux s’enterrent durant la mauvaise saison à la base des plantes ou sous une couche importante de vase.

 

 

 

Plan d’un enclos avec bassin

 

 

 

 

 

 

 

Chaque enclos dispose d’une aire d’alimentation. Cet espace délimité dans l’enclos est entretenu et contient de nombreuses espèces végétales (semis). Les plantes sélectionnées comprennent le chénopode blanc, le cresson, le galinsoga, le laiteron, l’onagre, le pissenlit, le plantain, la roquette et le trèfle. Les tortues apprécient le trèfle, les longues feuilles tendres et effilées du laiteron ainsi que le pissenlit dont les fleurs jaunes sont particulièrement recherchées. Du mois de mars jusqu’à la fin du mois de juin, de nombreuses plantes sauvages (trèfle, pissenlits et laiteron) sont ramassées aux abords des champs et dans les fossés. Ces végétaux sont lavés et distribués aux tortues quotidiennement et en grande quantité. À partir du mois de juillet, le soleil dessèche la végétation qui n’est plus disponible dans les milieux naturels. C’est à partir de ce moment là que des végétaux et des fruits achetés dans le commerce sont proposés aux tortues.

 

Végétaux et fruits distribués quotidiennement : endives, mâche, cresson, chicorée frisée, fanes de navet et de radis, raquettes du figuier de Barbarie, feuilles de brocoli,  feuilles de mûrier et de ronces, blettes, rutabaga, chou frisé, feuilles de betterave, tiges de brocoli, épinards, céleri en branche, figues sèches, oranges épluchées, figues de Barbarie.

 

Végétaux et fruits distribués une fois par semaine : salade romaine, feuilles et fleurs d’hibiscus, germes de soja, fraises, framboises, mûres, groseilles, myrtilles, tomates, pommes, poires, pêches, carottes (coupées en morceaux ou entières), courges, courgettes, concombres, melons et raisins.

 

Aliments complets pour poussins : Cet aliment, destiné à la base à l’élevage des poussins, contient des protéines, des vitamines et des sels minéraux indispensables à la croissance et à la bonne santé des tortues jeunes et adultes. Il se présente sous la forme de granulés extra-fins. Il faut le distribuer aux tortues à volonté dans des coupelles propres, sèches et fréquemment désinfectées. Les tortues, jeunes ou adultes, raffolent de cet aliment qu’elles ingèrent tout au long de la journée.

 

Fréquence des repas : La consommation quotidienne des tortues varie en fonction des saisons et des sexes. Les mâles mangent autant que les femelles en mars, davantage d’avril à juin, et d’octobre à novembre. En revanche, les femelles se nourrissent plus abondamment de juillet à septembre. Les tortues ont besoin de manger à leur faim de façon à compenser les dépenses énergétiques liées à leur activité, surtout en périodes d’accouplement pour les mâles et de ponte pour les femelles. D’autre part, la prise alimentaire est régulée par la température ambiante. Rappelons que les tortues sont des animaux ectothermes (par opposition aux mammifères qualifiés d’homéothermes : à température constante), c’est-à-dire que leur température interne dépend des sources extérieures d’énergie. En clair, l’activité des tortues est déterminée par la température environnante. S’il fait trop chaud ou trop froid, les tortues se mettent à l’abri et cessent toute activité. L’optimum thermique (température idéale) de la tortue d’Hermann est situé entre 25°C et 30°C. À cette température, la tortue assure une activité soutenue (recherche de nourriture, reproduction). La fréquence de  distribution des aliments sera quotidienne.

 

Distribution et horaire des repas : Avant toute distribution de nourriture, les aliments sont soigneusement lavés pour éliminer d’éventuels résidus d’herbicides et de pesticides. Ils sont ensuite disposés avant les grosses chaleurs dans un endroit ombragé (base d’un arbre, d’un arbuste ou d’une plante) dès les premiers signes d’activité des animaux. Exposés longuement au soleil, les végétaux et les fruits se dessèchent rapidement. Les aliments doivent rester frais au moins pendant toute la journée. L’été par exemple, les végétaux sont distribués entre 8h30 et 10h. La nourriture est éparpillée à même le sol. Ainsi, les tortues ingèrent également un peu de terre et quelques petits cailloux. Ce qui représente un apport en sels minéraux et calcite non négligeable. La nourriture n’est pas toujours distribuée au même endroit afin que les animaux conservent leur instinct naturel lié à la recherche de nourriture. Cette distribution permet également d’éviter les phénomènes de dominance lors de la prise d’alimentation.

 

 

 

 

 

 

Les tortues aquatiques sont nourries deux fois par semaine avec les aliments suivants :

 

Vertébrés : poissons entiers ou morceaux de chair de poissons (vairons, gardons, carpes, truites, gambusies, etc…) et poussins. Ces proies qui constituent un menu complet et équilibré par excellence seront distribuées entières.

 

Invertébrés : Vers de vase, limaces, vers de fruits, lombrics, escargots, écrevisses.

 

Végétaux et fruits : végétaux aquatiques (algues, cresson, jacinthes d’eau, Spirogyres), pissenlit, romaine, feuilles de betteraves, feuilles de brocolis, feuilles de navet, endives, blettes, épinards, cresson, Figuier de Barbarie, feuilles de mûrier, orange, kiwi, melon, mangue, papaye...etc. Les tortues aquatiques ont une préférence affirmée pour les endives.

 

Viande : Morceaux de foie de veau et  cœurs de volaille.

 

Des granulés pour tortues aquatiques : Ces aliments peuvent être également distribués, les tortues ne doivent pas cependant être nourries exclusivement avec ces aliments.

 

Des croquettes pour chiens et chats : La nourriture est distribuée en fin de matinée (entre 11h et 12 h). Afin de ne pas polluer l’eau du bassin, la quantité de nourriture doit être adaptée au nombre d’animaux et la consommation doit se réaliser dans la demi-heure suivant la distribution. Les tortues disposent donc de toute la seconde partie de la journée pour se thermoréguler au soleil et faciliter ainsi la digestion. Les bassins, tous abondamment végétalisés (iris, phragmites, massettes etc…), abritent une faune aquatique importante (poissons, insectes). En plus des aliments qui leur sont proposés, les tortues pourront se nourrir des vertébrés (poissons) et des invertébrés (insectes) présents naturellement dans les bassins.