La tortue mauresque

 

Répartition : La tortue mauresque se rencontre en Afrique du Nord, plus précisément au Maroc, en Algérie, en Tunisie et dans le nord-ouest de la Libye. Les populations des îles Baléares, de la Sardaigne et de la Sicile ont été vraisemblablement introduites. Deux populations isolées de tortues mauresques sont également connues dans le Sud de l’Espagne. Des études génétiques ont révélées que ces populations espagnoles se rapprochaient étroitement des populations marocaines. Mais les scientifiques ne savent pas si leur présence est naturelle ou s’il s’agit d’une introduction humaine.


Habitat : La tortue mauresque fréquente aussi bien les forêts méditerranéennes que les dunes et les semi-déserts. Au Maroc, on la rencontre dans le sous-bois des Chênaies, la forêt d’Arganiers, les steppes de jujubiers et d’acacias, les vallées encaissées au relief fortement accidenté et les plaines à végétation rase. En Espagne, elle vit dans des milieux à sols sableux couverts par des formations végétales buissonnantes.


Taille : La femelle atteint une longueur maximale de 300 mm pour un poids de 4,8 kg. Le mâle, plus petit, ne dépasse pas 160 mm de longueur.


Maintenance : La tortue mauresque est sans nul doute l’espèce méditerranéenne la plus délicate à élever en captivité. Elle possède une aire de répartition relativement vaste qui s’étend du Maroc jusqu’au nord-ouest de la Libye. À travers sa distribution, T. graeca colonise une grande variété d’habitats incluant les plaines côtières, les milieux semi-désertiques et les versants montagneux escarpés. L’activité de la tortue mauresque est adaptée aux contraintes climatiques liées à la situation géographique de son habitat. Au Maroc, certaines populations présentent sur la côte ou dans les zones arides estivent entre les mois de juin et septembre et demeurent actives pendant l’hiver. En revanche, les populations qui vivent dans les régions froides situées à l’intérieur du pays hibernent. Ces quelques informations suffissent à comprendre pourquoi la tortue mauresque ne s’adapte que difficilement au climat de nos régions. Car en fonction de son origine géographique, certains animaux ne sont pas habitués à hiberner. Et dès les premiers froids, la grande majorité des tortues mauresques élevées sous nos latitudes succombe. Les tortues qui sont originaires des régions côtières ou des milieux arides ne supportent pas les atmosphères associant humidité et froid. Elles contractent rapidement la rhinite contagieuse qui se manifeste par des écoulements nasaux et de grandes difficultés respiratoires.

 

De temps en temps, il arrive qu’un spécimen parvienne à s’adapter mais cela demeure exceptionnel au regard des milliers de tortues qui meurent chaque année. Si vous avez par chance une tortue mauresque qui s’est adaptée, surtout il faut éviter d’introduire un nouvel individu. La quarantaine (isoler l’animal pendant un minimum de 6 mois) plus que jamais obligatoire permettra de déceler une éventuelle rhinite contagieuse. Les animaux adaptés hibernent du mois d’octobre au mois de mars. Les tortues affectées de rhinite ne doivent pas hiberner. Elles sont placées dans un terrarium chauffé et traitées en conséquence (voir soins vétérinaires, rhinite contagieuse). Concernant la maintenance de la tortue mauresque, le meilleur compromis est d’élever les animaux dans une serre extérieure qui les protége des courants d’air, du froid et de l’humidité. Dès que le temps le permet, les tortues doivent bénéficier d’un enclos extérieur situé dans le prolongement de la serre. La tortue mauresque est une espèce herbivore qui se nourrit d’un grand nombre de plantes mais également de vers, d’escargots et de fèces. Veillez à isoler la tortue mauresque des autres espèces. Elle s’hybride avec Testudo hermanni et Testudo graeca ibera.


 

Mâle adulte
Biotope Sardaigne

 

Reproduction : Dans le centre-ouest du Maroc, la maturité sexuelle est atteinte vers l’âge de 7 à 8 ans chez les mâles, et 9 à 11 ans chez les femelles. Dans le sud-ouest de l’Espagne, les mâles et les femelles atteignent leur maturité sexuelle respectivement vers l’âge de 5 à 9 ans, et de 6 à 14 ans. Les accouplement interviennent du début du printemps jusqu’au début de l’été. Ils cessent entre juillet et août lorsque les animaux sont en estivation et reprennent à partir du mois d’octobre. Les tortues s’accouplent tant que la température le permet jusqu’au début de la période d’hibernation. La femelle effectue de 1 à 4 pontes annuelles espacées les unes des autres de 12 à 21 jours. La ponte comprend de 1 à 7 œufs. Ces derniers à coquille dure mesurent de 26,8 à 39,3 mm de longueur pour une largeur de 23 mm à 28,8 mm et un poids de 9 à 19 g. La durée d’incubation s’échelonne entre 85 et 136 jours. Les nouveau-nés mesurent de 30,2 mm à 36,4 mm de long pour une largeur de 28,8 à 31,1 mm et un poids de 10 g. La maintenance des jeunes tortues mauresques tient compte des mêmes remarques formulées pour les adultes. Il faut les protéger des courants d’air et du froid associé à l’humidité.

Nom vernaculaire : La tortue mauresque

Nom scientifique :Testudo graeca Linnaeus, 1758

 

 

 

Mâle

 

 

Statut :

 

Testudo graeca est inscrite en Annexe II de la CITES, comme espèce en danger (EN) par l’UICN, et en Annexe A de la « Wildlife Trade Regulation » de l’Union Européenne.

 

 

 

 

Juvénile