La tortue des steppes

 

Remarque : La tortue des steppes n’est pas une espèce « méditerranéenne » à proprement parler. Elle n’en demeure pas moins commune chez les particuliers qui l’élèvent comme toutes les autres espèces de climat tempéré traitées dans cet ouvrage.


Répartition : La tortue des steppes possède une aire de répartition très vaste qui couvre une grande partie de l’Asie Centrale (5 000 000 km²), de la mer Caspienne aux contreforts himalayens, en couvrant la Karakalpakie, l’Ouzbékistan, le Kirghizstan, le Tadjikistan, le nord et l’est de l’Iran, le nord du Pakistan, le sud du Kazakhstan et l’extrême ouest de la Chine.  
Habitat : Elle vit dans des milieux désertiques et steppiques variés, à des altitudes comprises entre 200 et 2500 mètres.


Taille : Les femelles, plus grandes, atteignent 280 mm de long pour un poids de 2 kg.


Description et biologie : Testudo horsfieldii montre une morphologie adaptée à une vie fouisseuse intense : une carapace basse et circulaire, et des pattes avants courtes et robustes. Les membres antérieurs sont terminés par quatre doigts à chaque main et par quatre griffes. Cette dernière caractéristique la différencie de certaines espèces de Testudo qui possèdent cinq doigts et cinq griffes aux pattes antérieures. La couleur de sa carapace varie du brun à l’olivâtre avec des taches noires plus ou moins étendues qui partent souvent de l’aréole. La tortue des steppes est confrontée à des contraintes thermiques extrêmes (plus de 40°C d’amplitude thermique quotidienne au début du printemps par exemple). Le milieu désertique et steppique dans lequel elle évolue se caractérise par des hivers très froids ainsi que des étés très chauds. Pour faire face à ces contraintes climatiques sévères, la tortue des steppes a adopté une stratégie adaptative des plus rigoureuses : elle s’enterre dès que les conditions deviennent défavorables. Elle trouve dans le sol souvent sableux une température tempérée lui permettant d’attendre le retour de conditions propices à son activité. À partir de la mi-mars, sortant de sa torpeur hivernale, elle engage un contre la montre. Il lui faut s’alimenter pour reprendre des forces, assurer une reproduction nécessaire à la survie de son espèce et reconstituer ses réserves qui l’aideront à affronter les rigueurs estivales et hivernales futures. Ces différentes phases se réalisent en un temps record d’à peine trois mois et demi, entre mars et début juin. Les neufs mois restant, la tortue des steppes demeure enterrée dans le sable, à 50 cm de profondeur. Elle attend ainsi, inactive, l’arrivée des jours meilleurs favorables à la reprise de son activité. Selon les études menées par des chercheurs français, la tortue des steppes se nourrit principalement de plantes toxiques pour les mammifères herbivores dans le but de limiter les nombreux parasites qui se développent dans son tube digestif.

 

Maintenance : D’une manière générale et en dehors bien entendu de son aire de répartition naturelle, l’acclimatation de la tortue des steppes en captivité est assez aléatoire. L’humidité excessive associée au froid engendre fréquemment des cas de rhinite contagieuse causant le plus souvent la mort de l’animal. La mise en place d’une petite serre permet aux animaux de bénéficier d’un refuge comportant un substrat sec. Cette serre est également utilisée comme abri hivernal. L’enclos est construit dans un lieu sec et très ensoleillé. L’herbe est tondue régulièrement de manière à la maintenir la plus rase possible. Une herbe trop haute conserve l’humidité et s’avère néfaste pour cette espèce. L’enclos possède de nombreuses cachettes (plantes, arbustes, rochers et buses enterrées) où les tortues viennent se réfugier. Pour les animaux qui se sont adaptés, l’hibernation se déroule normalement du mois d’octobre au mois de mars. Il faut être vigilant pendant les intersaisons (avril et octobre) où la température et l’hygrométrie varient considérablement. Il est préférable de les maintenir dans un abri spécifique (petite serre) en leur donnant la possibilité de sortir si les conditions météorologiques le permettent. Attention, la clôture de l’enclos doit posséder des fondations suffisantes pour éviter à ces tortues fouisseuses de fuir en creusant un tunnel. Ne sous-estimez pas leur capacité à contourner les obstacles de quelques natures qu’ils soient. Espèce principalement herbivore, la tortue des steppes bénéficie des mêmes conseils énumérés dans le chapitre alimentation. Veillez à isoler la tortue des steppes des autres espèces. Elle s’hybride avec Testudo hermanni.



 

Naissance
Jeune

 

 

Reproduction : Le comportement sexuel du mâle est exubérant : très actif dans l’enclos, il passe son temps à chercher une partenaire ou à se battre avec ses concurrents directs. D’après des recherches effectuées sur le terrain, les mâles sont pris d’une frénésie qui les poussent à effectuer de longues distances, sans quasiment s’alimenter, à travers une zone de 10 hectares environs. Les femelles parcourent un vaste domaine vital de 30 hectares, recoupant de nombreux territoires de mâles. Le mâle est particulièrement violent et opiniâtre à l’égard de sa partenaire sexuelle et de ses concurrents. Il n’hésite pas à mordre les pattes antérieures et postérieures, arrachant quelquefois des écailles et des morceaux de peau. Ces véhémences passagères occasionnent souvent des plaies sanguinolentes. Il est parfois recommandé d’isoler le mâle le plus agressif dans un autre enclos. Évitez de déplacer la femelle pour ne pas la stresser pendant la période de ponte. En captivité, elle pond entre la fin du mois de mai et la mi-juin. Elle creuse un trou de 65 mm de profondeur et de 55 mm de largeur dans la matinée, entre 9 heures et 12 heures. Les pontes sont espacées les unes des autres de deux à trois semaines. La femelle effectue jusqu'à 4 pontes par an constituées chaque fois de 1 à 9 œufs. Ces derniers mesurent de 40 à 47 mm de long pour une largeur de 26 à 34 mm et un poids compris entre 16 et 25 grammes. La durée d’incubation qui varie notablement en fonction de la température s’échelonne de 60 à 110 jours. À une température moyenne de 30°C le jour et 22°C la nuit, la durée d’incubation est de 77 à 84 jours. Le nouveau-né mesure de 30 à 34 mm de long, pour une largeur de 26 à 28 mm et un poids de 9 à 12 grammes. Les jeunes sont dotés d’une carène médiane présente sur chaque écaille costale. Les juvéniles sont maintenus dans une petite serre comportant une couche de terre meuble recouverte de gazon tondu. Le substrat ne doit être ni trop humide ni trop sec. Si vous constatez que les jeunes tortues ont du mal à hiberner, il est préférable de les rentrer dans un terrarium chauffé.

Nom vernaculaire : La tortue des steppes

Nom scientifique : Testudo horsfieldii Gray, 1844

 

 

 

Mâle

 

 

Statut :

 

Testudo horsfieldii est inscrite en Annexe II de la CITES et sur la liste IUCN des espèces vulnérables. L’importation de cette espèce est prohibée dans les quinze pays de la Communauté Européenne depuis septembre 1999 (EU Wildlife Trade Regulation 338/97).

 

 

 

 

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